Migratory Life


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Kansas City

Kansas City (Missouri) – « Fiche technique »

Emplacement : dans l’état du Missouri (il y a un Kansas City, Kansas juste à côté, mais ce n’est pas la même ville), à la confluence de la rivière Kansas et la rivière Missouri. Se situe à 3-4 heures de Saint-Louis et à 7-8 heures de Chicago.

Public Domain

Source: Wikimdeia (Public Domain).

Climat:

Les étés sont chauds et humides. La température moyenne est de 31.7 Celsius en Juillet et de 30.6 Celsius en Août, mais il y a des jours il peut faire jusqu’à 40 Celsius.

Les hivers sont relativement froids. La température moyenne est de – 0.9 Celsius en Décembre, de – 3.5 Celsius en Janvier et de -0.4 en Février, mais il peut faire jusqu’à -20 Celsius[1].

Les intersaisons sont souvent les plus agréables surtout l’automne, car les arbres s’habillent de couleurs folles.

[1] http://www.usclimatedata.com/climate/kansas-city/kansas/united-states/usks0298

Le Ruisseau en dessous de chez moi.

Le Ruisseau en dessous de chez moi.

Particularités climatiques :

  1. La bipolarité du climat : Kansas City se situe en sandwich entre le Sud et le Nord. On a donc le droit aux extrêmes climatiques des deux régions. Parfois la météo ne sait plus où en donner de la tête. L’année dernière au moi de Mai, il s’est passé quelque chose d’étrange : un jour il faisait entre 25 Celsius et 30 Celsius et je courrais dehors avec mes coéquipières d’athlétisme en brassière de sport. Le lendemain à la même heure, il neigeait.
  2. Le vent : Ici on est dans les grandes plaines, par conséquence il n’y a pas beaucoup de relief pour arrêter le vent. Celui-ci souffle souvent fort : il y a des jours où il se déchaine dehors et entraine les arbres dans des danses endiablées. Il s’immisce dans les interstices de la maison et on l’entend siffler dans la cheminée.
  3. Les orages : Les orages sont très fréquents au printemps et au début de l’été (dû aux changements drastiques de température). Mon premier orage au Kansas m’a terrifié au point que je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Le tonnerre grondait tellement fort que ses vibrations faisaient trembler la maison et d’énormes éclairs cisaillaient le ciel, lui proférant une teinte rouge sang.
  4. Les tornades : Les courants d’airs chauds et froids qui se croisent fréquemment dans cette région donnent naissance à ces formations météorologiques. Les états du Kansas et du Missouri sont d’ailleurs situés dans une zone nommée « tornado alley ». Cette zone définit les états dans lesquels les tornades sont les plus communes. Elle traverse le Dakota du Nord, le Dakota du Sud, le Nebraska, l’Iowa, le Nebraska, le Kansas, le Missouri, l’Illinois, l’Indiana, l’Ohio, l’Arkansas, la Louisiane, et des morceaux du Kentucky, du Tennessee, du Colorado et du Wyoming. En mai 2011, Joplin (une ville située à deux heures de Kansas City, côté Missouri) a été touchée par une tornade dévastatrice.[1] Heureusement, la ville dans laquelle je vis est vallonnée par conséquent les tornades y sont quasiment inexistantes.[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Joplin_(Missouri)
Un lac pas loin de chez moi.

Un lac pas loin de chez moi.

Histoire : Il est difficile de résumer l’histoire d’une ville en un paragraphe. Alors, j’ai décidé de partager avec vous 4 faits historiques intéressants[1] :

[1] http://en.wikipedia.org/wiki/History_of_the_Kansas_City_metropolitan_area

  1. Kansas City (ou du moins le territoire qui est aujourd’hui Kansas City) appartenait à la Nouvelle France (plus précisément à la Louisiane française). En 1762, le traité de Fontainebleau concéda cette partie de la Louisiane française à la Nouvelle Espagne, mais elle fut rendue à la France en 1800. Enfin, en 1833 Thomas Jefferson(troisième président) l’acheta pour les Etats-Unis  dans une transaction nommée « the Louisiana Purchase ».
  2. Kansas City a joué un rôle crucial dans la conquête de l’Ouest. Beaucoup de pionniers venaient s’approvisionner à West Port (un comptoir commercial perché dans les collines cinq kilomètres au sud de l’emplacement où se trouve Kansas City aujourd’hui). Ce comptoir était le dernier endroit où les voyageurs pouvaient venir s’approvisionner avant d’entrer dans le « Kansas Territory » (le territoire sauvage à l’Ouest de Kansas City et de l’état du Missouri qui deviendrait un jour l’état du Kansas entre autres) et emprunter une des trois routes qui menaient vers l’Ouest : « the Santa Fe trail », « the Oregon trail », et « the California trail ».
  3. En 1854, après l’ajout récent du « Kansas Territory » à l’Union, une loi nommée « the Kansas-Nebraska Act » fut passée. Son but était de permettre aux citoyens du nouvel état du Kansas de décider s’ils voulaient vivre dans un état pro-esclavagiste ou anti-esclavagiste. Cette nouvelle loi annulait une loi précédente nommée « the Missouri Compromise » qui dictait que tous les états situés au sud de la latitude 36°30′ auraient le droit à l’esclavage. Une partie du Kansas se trouvait sous cette ligne. Enervés par ce changement de loi, des citoyens du Missouri (état pro-esclavagiste) infiltrèrent le Kansas et installèrent un corps législatif pro-esclavagiste pour faire basculer les votes en leur faveur. Des abolitionnistes du Kansas dénoncèrent ce corps législatif et formèrent le leur à Lawrence, Kansas. Cette opposition mena à de violentes émeutes donnant au nouvel état le surnom de « Bleeding Kansas ». Des troupes fédérales durent intervenir pour apaiser les foules.
  4. Pendant la « Civil War » (la Guerre de Sécession), Kansas City joua donc un important rôle militaire et politique, car la ville était située à cheval sur un état unioniste et anti-esclavagiste (Kansas) et un état officiellement unioniste, mais pro-confédéré et pro-esclavagiste (Missouri). Les troupes de la « Confederate States of America» (la Confédération des Etats d’Amérique ou le Sud) gagnèrent les premières batailles, mais comme les troupes de l’Union (les Etats-Unis ou le Nord) occupaient Kansas City, celles-ci finirent par prendre le dessus (Bataille de Westport).
Kansas City sous la grisaille.

Kansas City sous la grisaille.

Culture

Kansas City est une ville culturellement riche. Voici quelques choses pour laquelle elle est connue :

  • Son steak et sa sauce barbecue. Dans les années 1870-1900, Kansas possédait une des plus grandes industries de bétail.
  • Son jazz (Kansas City Jazz). Le jazz est né à la Nouvelle Orléans, mais il a beaucoup grandi et évolué à Kansas City. Le style nommé Bebop a été créé ici. C’est une forme de jazz qui possède un tempo plus rapide et qui repose largement sur l’improvisation[1]. Charlie Parker (qui est né à Kansas City) a joué un rôle important dans son développement.
  • Son « National World War I Museum » (le seul musée sur la première guerre mondiale aux Etats Unis) qui fut inauguré en présence des personnalités suivantes : Président Calvin Coolidge (USA), Amiral Lord Earl Beatty (Grande Bretagne), Général Armando Diaz (Italie), Général Baron Jacques (Belgique), Général John Pershing (USA) et Maréchal Ferdinand Foch (France).
  • Son musée d’art le « Nelson-Atkins Gallery of Art ». Ce musée d’art est un des meilleurs du pays. Il a été financé par la fortune de William Rockhill Nelson (le fondateur du Kansas City Star, le journal de la ville). Aujourd’hui des fonds privés continuent de financer ses collections prestigieuses.
  • Le Kaufmann Center est un joyau de l’architecture du Midwest (il a été inspiré par l’opéra de Sydney) qui a été ouvert en 2011. On y donne des des ballet, des concerts, des opéras…
  • Son équipe de soccer (foot) « Sporting KC ». En 2013, l’équipe a gagné la MLS (Major League Soccer) cup. Elle est donc classée numéro aux Etats Unis.
  • Pour voir ce qu’il y a d’autre à faire à Kansas City, je vous invite à visiter cette page : http://findingkansascity.com/lists/things-to-do-in-kansas-city#

[1] http://en.wikipedia.org/wiki/Bebop

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Mon « coin paumé »

Wikimedia.

Kansas City. Source: Wikimedia.

Lorsque ma mère m’a annoncée que nous allions déménager à Kansas City, j’ai eu deux réactions :

  1. « Hein ! mais c’est où ça ? ».
  2. Je me suis mise à pleurer. Littéralement. Des larmes coulaient le long de mes joues et des gémissements de petit chien triste s’échappaient de ma gorge serrée par l’incompréhension et le chagrin.
San Francisco

Vue sur San Francisco du « Golden Gate Parc ».

A l’époque, je vivais en Californie (un lieu idyllique avec ses plages magnifiques, ses massifs mythiques, ses déserts épiques) et l’idée d’aller vivre dans un « trou paumé » ne me disait rien du tout. Aussi, il faut savoir que j’étais une adolescente un peu perdue : j’étais arrivée de France aux Etats Unis trois ans plus tôt laissant derrière moi ma famille, mes amis, ma ville (Grenoble), mes belles montagnes (les Alpes), bref tout ce que je chérissais et connaissais depuis l’enfance. Pendant plusieurs mois, j’ai eu le mal du pays. Je pleurais souvent le soir avant de m’endormir et j’avais du mal à me faire des amis parce que j’étais très timide et j’étais arrivée en milieu d’année dans une école où tout le monde se côtoyait depuis la maternelle. Lorsque j’ai appris que j’allais déménager de nouveau, je venais tout juste de commencer à me sentir bien à San Francisco. Partir arrivait au pire moment.

Shawnee Mission Park. Un beau parc au dessus de chez moi. Mon beau "trou paumé".

Shawnee Mission Park. Un beau parc au dessus de chez moi. Mon beau « trou paumé ».

Je crois bien qu’au début j’ai détesté ce coin du Midwest. Je trouvais tout plat et ennuyeux. Les gens m’agaçaient par leur manque d’ouverture (mais moi aussi je montrais un manque d’ouverture à leur égard). L’océan et mes amies me manquaient terriblement. Jamais je n’aurais pu imaginer que quelques années plus tard, je serais attachée à cet endroit oublié du reste du monde et que quitter ce « trou paumé » serait tout aussi difficile que de quitter ma jolie baie de San Francisco.

Mon bel océan.

Mon bel océan.

Alors où exactement se situe ce « coin paumé » (qui n’est pas si paumé que ça en fin de compte) ? J’habite dans les « suburbs » (la banlieue quoi) de Kansas City, mais côté Kansas : Kansas City est à cheval entre l’état du Missouri et l’état du Kansas. Ces deux états font partie d’une région nommée le « Midwest ».

Kansas City se situe à cheval sur le Kansas (à gauche) et le Missouri (à droite).

Kansas City se situe à cheval sur le Kansas (à gauche) et le Missouri (à droite).

Le « Midwest » s’étend au centre des Etats-Unis et inclue les états suivants : l’Illinois, l’Indiana, l’Iowa, le Michigan, le Minnesota, le Missouri, l’Ohio, le Wisconsin, le Dakota du Nord, le Dakota du Sud, le Kansas, le Nebraska[1]. Cette région immense est essentiellement constituée de plaines (c’est pour cela qu’on l’appelle aussi la région des Grandes Plaines). C’est une zone moins habitée et généralement moins touristique que les côtes ouest et est, mais on y trouve quand même plusieurs villes culturellement importantes : Chicago, Saint-Louis, Detroit, Cincinnati, Kansas City (tiens, tiens), Omaha, Indianapolis, Milwaukee, Cleveland, Minneapolis, Omaha…

[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Mid-Ouest

Carte Midwest

Maintenant que je vous ai donnés un petit rundown (résumé très bref et général) sur mon « coin paumé », je vais faire de même avec Kansas City, mais sous forme de « fiche technique » dans un prochain article.

La vue de ma chambre en hiver.

La vue de ma chambre en hiver.


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l’Immensité de ce monde

l'Immensité de ce monde

J’aime les instants volés au Temps et à l’Univers. Les nuits où je survole un océan qui se confond avec le ciel et les étoiles. Je me laisse alors engloutir par le silence profond de l’inconnu et réalise à quel point je suis petite face à cette masse d’eau. Ce gouffre entre deux continents que l’humanité ne connaît pas tellement. Et au lieu de prendre peur, de perdre mes repères face à cette mystérieuse et interminable étendue, je me sens rassurée par les belles incertitudes de la vie et  bercée par l’immensité de ce monde.

l'Immensité de ce monde 2

Chanson: Fly on, Coldplay.

Inspiration: Survol de l’Atlantique.


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l’Université: un nouveau départ, un nouvel horizon

 Université, nouveau départ, nouvel horizon

Je n’ai pas encore réalisé que dans quelques semaines je serai loin. Qu’il va encore falloir faire mes valises. Que cette fois-ci, même si je recevrai de leur amour et de leur soutien au quotidien, mes parents ne partiront pas avec moi. Que pour la première fois je serai responsable de moi-même : de mes choix, de mes erreurs, de ma vie. Une pensée à la fois terrifiante et exaltante.

Partir m’est plus que familier, mais j’en ai pas pour autant l’habitude, car on ne s’y fait jamais vraiment. Dire au revoir reste tout aussi difficile que la première fois, tout simplement parce qu’on est humain et qu’on le veuille ou non, l’on s’attache aux personnes que l’on a côtoyées et aux endroits que l’on a habités.

Je sais que je vais revivre ce déchirement ; cette sensation de laisser un morceau de soi-même derrière et de savoir que l’on ne sera plus tout à la même lorsqu’on reviendra. Mais je suis aussi réconfortée à l’idée de grandir à travers ce nouveau départ, ce nouvel horizon. Je me languis de faire de nouvelles connaissances. J’ai hâte de m’imprégner de nouveaux lieux. J’ai soif de découvertes et d’aventures.

 

Chanson: Walk On, U2.

Inspiration: Départ à McGill University (Montréal, Québec, Canada).