Migratory Life


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Tiraillée entre deux cultures

Comme vous le savez, je suis née en France, mais j’ai passé mon adolescence aux Etats-Unis. Récemment, je suis devenue américaine. J’ai gardé ma nationalité française, même si techniquement je devrais y avoir renoncé. Au fond de moi, je me sens à la fois française et américaine. Parfois, cela peut me jouer des tours : ces deux identités rentrent en conflit, c’est comme si j’avais deux personnes en moi qui ne sont pas toujours d’accord entre elles. Voici cinq choses auxquelles touts personne multiculturelle doit faire face de temps à autre.

L'immensité des paysages des USA.

L’immensité des paysages des USA.

  1. Lorsqu’on mélange ses deux langues. Je parle couramment anglais et français. Parfois, il m’arrive d’oublier un mot lorsque je suis en train d’avoir une conversation dans une langue ou l’autre. Si je suis dans une situation qui me le permet (avec d’autre personnes bilingues par exemple), je dis ce mot dans l’autre langue. Si ce n’est pas le cas, disons que j’ai l’air un peu stupide. D’autre fois, je fais des anglicismes : « maman arrête d’assumer (de supposer) que… ». Et le pire du pire (selon mes parents), c’est quand je parle avec mes amis de McGill (qui sont tous bilingues) : on passe d’une langue à l’autre plusieurs fois dans la même conversation.
  2. L’accent. Certains américains trouvent que j’ai un tout petit accent français lorsque je parle anglais. De leur côté, certains français disent que je prends petit à petit un accent américain lorsque je parle français. Du coup, je ne sais plus trop quoi penser. Ma théorie est que j’ai un accent (ou une intonation) propre à moi-même ; résultat de mon utilisation des deux langues.
  3. Ne jamais se sentir à 100% chez soi. Lorsque je suis aux Etats-Unis, la France me manque et lorsque je retourne en France un été sur deux, vers la fin de mon séjour, les Etats-Unis commencent à me manquer. Je ne me sens jamais tout à fait à ma place dans un pays où l’autre. Il a toujours quelque chose qui me donne l’impression d’être une étrangère. En France, ma famille surnomment mes sœurs et moi « les américaines » (ce qui est maintenant juste vu qu’on a reçu la nationalité en juillet). Au Etats-Unis, les gens ouvrent grand les yeux lorsque je leur dis que j’ai grandi en France et que je parle français à la maison. Pendant longtemps, j’ai bataillé avec cette impression de ne pas avoir de « chez moi ». Avec le temps, je me rends compte que je n’ai pas besoin d’appartenir entièrement à un seul endroit et que finalement j’ai plusieurs « chez-moi ».
  4. Cette idée d’appartenir à un ou plusieurs endroits est fortement liée à l’identité. Je suis ni juste « française », ni uniquement « américaine ». Je suis franco-américaine. J’ai l’optimisme et l’enthousiasme (parfois excessif et trop idéaliste) des américains. Je m’habille « à l’américaine » : décontractée (t-shirts, shorts et converses). En surface, je me comporte « comme une américaine » : je parle fort, j’utilise beaucoup de « awesome », « oh my god », « what the heck » et je m’excite facilement. Mais au fond de moi, je garde quand même des caractéristiques propres aux français : je sais poser un regard plus critique et réaliste lorsqu’il le faut, je suis un peu moins exubérante que mes ami(e)s américain(e)s et je mets un peu plus de distance entre moi et les autres. Les américains sont du genre à sauter au cou d’une personne pour leur donner un « hug » dès la première rencontre, ce qui peut paraître étrange pour un français, mais normal pour eux. Je suis un peu entre les deux : avenante (« outgoing » comme ils disent ici), mais j’aime garder ma bulle personnelle.
  5. Ne pas savoir quoi répondre à la question « quel pays préfères-tu ? ». Les deux ont une place égale dans mon cœur, mais je les aime de manière différente. La France est le pays de mon enfance. C’est là où vivent mes grands-parents et la plupart des mes oncles, tantes et cousins (quelques uns vivent au Québec et j’ai une tante en Suisse). Mes souvenirs de petite fille appartiennent à la France. C’est souvent avec nostalgie que je pense à la France, parce que c’est là où sont mes racines. Les Etats-Unis est le pays de mon adolescence. C’est là où j’ai forgé une grande partie de qui je suis aujourd’hui. J’ai aussi fait l’expérience de plus de difficultés aux Etats-Unis : deux grands déménagements, la distance, plusieurs changements d’école, et tous les émois qui viennent avec l’adolescence. Mes années de lycée ont eu lieu au Etats-Unis. Aujourd’hui ma vie est plus aux Etats-Unis qu’en France, mais qui sait, un jour peut être, je retournerai vivre là bah.
Les Alpes, montagnes de mon enfance.

Les Alpes, montagnes de mon enfance.

Lorsqu’on appartient à deux cultures, l’on doit constamment jongler entre deux pays, deux langues, deux identités. En chemin, il est facile de perdre de vue qui l’on est surtout si on essaye d’insister plus sur une partie de soi que sur l’autre. Je pense qu’il faut juste accepter ces deux morceaux de soi-même, de se dire que l’on n’est pas complet sans l’un ou l’autre et aussi de se rendre compte que l’on est plus que ses nationalités.


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Nomination aux Liebster Awards

Hello :). Je vous écrit aujourd’hui parce que j’ai été nominée pour un « Liebster Award » par le blog Débute ton Aventure. Cela me fait tellement plaisir que quelqu’un apprécie autant mon blog :).  Merci :).

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Qu’est-ce qu’un « Liebster Award » ? C’est une nomination que l’on donne à des blogs qui sont nouveaux et qui ont moins de 200 abonnés . Cela permet de faire découvrir ce blog à plus de gens et de d’apprendre à connaitre la belle personne qui se cache derrière son clavier :).

Que doit-on faire lorsqu’on a été nominé(e) ?

  1. Partager 11 fait divers personnels.
  2. Répondre aux 11 questions de la personne qui a fait la nomination (pour moi:  Débute ton Aventure).
  3. Nominer 11 blogueurs récents qui ont moins de 200 abonnés.
  4. Poser 11 questions à ces 11 blogueurs.

Butterfly

11 choses à savoir sur moi:

  1. J’adore le thé. Le thé noir, le thé vert, les tisanes…
  2. Je suis allée deux fois en Australie.Lorsque  j’habitais à Taiwan, l’Australie n’était pas trop loin, alors mes parents en ont profité pour y amener mes soeurs et moi.
  3. Je suis déjà monté sur un éléphant (Thaïlande).
  4. J’adore courir. Je cours presque tous les jours de la semaine. Cela me fait beaucoup de bien (c’est thérapeutique).
  5. J’ai un sommeil ultra léger. Le moindre bruit peut me réveiller.
  6. Je suis très proche de mes soeurs (16 et 13 ans) et de mon petit frère (8 ans).
  7. Je m’entends plutôt bien avec mes parents.
  8. Je n’ai encore jamais eu de copain. Cela ne me gène pas. Je suis plutôt indépendante d’esprit.
  9. Je suis une énorme fan de Harry Potter.
  10. J’adore la psychologie, surtout tout ce qui touche à la santé mentale et à la psychiatrie.
  11. J’adore la nature. Mes grand-parents ont un chalet dans les Hautes Alpes et j’y vais depuis que je suis un nouveau-né. J’ai passé des étés là bah à jouer dans la forêt et faire des randonnées.

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Les 11 questions posées par Débute ton aventure.

  1. Quelle est la raison qui t’a fait ouvrir ton blog ? J’ai ouvert ce blog l’année dernière avant de partir à Montréal pour ma première année à McGill. Je pensais que ce serait un bon moyen de raconter mes aventures au Québec et de partager mes états d’âme.
  2. Si tu pouvais avoir un super pouvoir, lequel ce serait ? De voler. J’aimerais pouvoir redécouvrir des endroits familiers vu du ciel. En plus, la sensation doit être grisante.
  3. Ton livre favori ? Tous les Harry Potter. J’ai commencé à les lire lorsque j’avais seulement sept ans.
  4. As-tu une muse ? Ma mère. Elle aussi à un blog FromSide2Side. Elle travaille avec passion sur ce qui l’intéresse et elle est toujours là pour moi.
  5. Donne trois mots qui décrivent le plus précisément ta personnalité ? Tête en l’air. Diplomate (selon ma soeur). Curieuse.
  6. Si tu devais te réincarner en animal, tu choisirai lequel ? Pourquoi ? Un dragon (Ça existe, je vous le jure ! 😛 ). Parce que j’aimerais voler.
  7. Dans dix ans tu aimerais pouvoir dire que… ? J’aimerais pouvoir dire que j’ai de tout plein de très bons amis et que j’ai une vie qui me passionne.
  8. Ton rêve le plus fou ? J’aimerais écrire un roman.
  9. Ta plus grande qualité ? Ton plus gros défaut ? Plus grande qualité: On me dit souvent que je suis à l’écoute des autres. Plus grand défaut: Je dépends parfois trop des autres, soit parce que j’ai trop peur de faire les choses par moi-même ou alors parce qu’il m’arrive d’être flemmarde et que les autres finissent par faire certaines tâches à ma place.
  10. Envie d’ajouter quelque chose ? Oui, j’aime beaucoup le principe de cette nomination :). C’est sympa et je me suis bien amusée à le faire.
  11. Une idée, une critique, un commentaire à faire sur mon blog ? Débute ton aventure, j’aime beaucoup ton blog. Je trouve ton écriture fluide et directe à la fois. Je suis curieuse d’en apprendre plus sur ta nouvelle vie au Canada.

Je nomine:

  1. Dans un monde de grands.
  2. Safianechka.
  3. Voyage en cuisine.
  4. Mots à maux.
  5. Céline Hors du temps.
  6. Miss Tamara.
  7. EeleeSible.
  8. Danae au pays des merveilles.
  9. Audrey Moo.
  10. La Pipelette.
  11. Il est 20 à Los Angeles.

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Mes questions:

  1. Quel est le pays que vous rêvez découvrir un jour ?
  2. Si vous devriez être un personnage fictif (livre, film…) qui seriez-vous ?
  3. Quelle est votre saveur de glace préférée ?
  4. La mer ou la montagne ? Pourquoi ?
  5. Votre citation favorite ?
  6. Votre dessin-animé préféré ?
  7. A quoi ressemble votre « journée idéale » ?
  8. Si vous pouviez remonter dans le temps, à quelle époque retourneriez-vous ?
  9. De quoi êtes-vous fière ?
  10. Quel est votre livre favori ?
  11. Chien ou chat ?


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Ma Vie de Nomade

Hello :). Je me rendue compte récemment, que je ne vous ai jamais raconté mon « parcours » jusqu’aux Etats-Unis. Alors, aujourd’hui j’ai décidé de vous le raconter:

Je suis née à Grenoble le 6 septembre 1996. Trois ans plus tard, je déménageais à Taiwan, un pays (une ile en faite) à l’est de la Chine. Mes parents m’ont d’abord inscrite au lycée français de Taipei (la capitale), puis ils ont décidé que ce serait bien que j’apprenne l’anglais et ils m’ont mise dans une école anglaise.

Moi, dans mon uniforme.

Moi dans mon uniforme.TBS: Taipei British School.

J’étais une toute petite fille, mais je me rappelle des tremblements de terre, de la saison des typhons (ouragans), de mes gentilles enseignantes anglaises (ou écossaises), de notre lotissement, de l’odeur d’oeuf pourri lorsque qu’on prenait la route pour monter à ma maison (zone volcanique), de l’énorme araignée dégoulinante de venin retrouvée morte et accrochée sur les rideaux de la salle à manger, du serpent dans la piscine (qui n’était en faite qu’un overt: un lézard sans pattes, ouf), des temples, du plateau des buffles (une balade dans la montagne où on apercevait parfois des buffles qui broutaient), de mon ami Harry (oui, oui mon meilleur copain était « british » et s’appelait Harry, par contre il était blond et ne portait pas de lunettes ni de cicatrice en forme d’éclair 😛 ), bref c’est lointain, mais j’en ai tout pleins de souvenirs.

Trois ans et demi plus tard, nous sommes rentrés en catastrophe à cause du virus du SARS (s’attaque violemment au système respiratoire). Normalement, nous aurions dû rester un mois de plus, mais l’épidémie était devenu un danger, pour que nous puissions y rester. A l’école et dans tous les autres lieux publics, nous devions porter des masques et notre mère faisait tout pour que mes soeurs et moi ne soyons pas malades, car il était dangereux d’aller à l’hôpital (là où beaucoup de victimes du virus étaient soignées).

De retour en France, j’ai passé un examen pour rentrer dans la Houille Blanche (élémentaire internationale située à Grenoble) en section anglaise. J’ai réussi et pendant toute ma scolarité de primaire j’y suis restée. Mes parents ne voulaient pas que je perde mon anglais, ce qui a marché puisqu’en suite j’ai été acceptée à la Cité Scolaire Internationale de Grenoble pour ma sixième.

Ma petite maison adorée à Saint Nazaire les Eymes (France). Petit village à quelques kilomètres de Grenoble.

Ma petite maison adorée à Saint Nazaire les Eymes (France). Petit village à quelques kilomètres de Grenoble.

La Dent de Crolles. Mes belles montagnes me manquent souvent.

La Dent de Crolles. Mes belles montagnes me manquent souvent.

C’est au beau milieu de mon année de cinquième (novembre 2008), que nous sommes partis nous installer à Cupertino en Californie .Même si nous étions très heureux de repartir à l’aventure, ce fut très dur de laisser toute notre famille, notre vie, notre univers…derrière nous. Nous ne connaissions personne à notre arrivée. Je me souviens avoir beaucoup pleuré quand l’avion a décollé de l’aéroport de Lyon. Ce jour là nous avons atterri sous des trombes d’eau à San Francisco. La météo reflétait vraiment notre état d’esprit: alourdis par le mal du pays et le chagrin, perdus, et fracassés par le décalage horaire.

Cette année là, j’ai beaucoup souffert parce que j’aillais à une école privée où tout le monde se connaissait depuis la maternelle. Mes camarades ne faisaient aucun effort pour m’intégrer, et en plus de nature timide et introvertie, j’avais du mal à m’ouvrir à eux. J’ai quand même fini par me faire trois bonnes copines, mais cela ne m’empêchait pas de me sentir très seule. La France me manquait énormément et je ne me sentais pas du tout inclue.

J’ai prié mes parents de me changer d’établissement. Ils voyaient bien que j’étais malheureuse dans l’école où j’étais alors ils ont mis ma cadette et moi dans une école publique américaine. Avant d’aller à Lawson Middle School (le college où j’ai fini par aller), j’avais encore un accent français lorsque je parlais anglais, c’est à partir de moment là que celui-ci a commencé à s’estomper (normal, je parlais anglais toute la journée).

Première maison aux Etats Unis. Cupertino, Californie.

Première maison aux Etats Unis. Cupertino, Californie. On voit la mustang noire de mon père (son rève de petit garçon :P).

Le Golden Gate Bridge.

Le Golden Gate Bridge. Je suis au centre au dessus de la poussette. Eh oui je suis l’ainée d’une fratrie de quatre :P.

Yosemite <3 :).

Le majestueux parc national du Yosemite.

Juste quand je commençais à me sentir chez moi à Cupertino (j’étais maintenant au lycée, Monte Vista High School), mon père a quitté la boite qui l’avait envoyé en Californie et s’est trouvé un nouveau travail à Kansas City au Kansas (un état dans le centre des Etats Unis). Nous avons donc déménage là bas.Ce fut un choc culturel. La Californie est un état côtier, très ouvert au monde (et donc libéral), très divers (en terme  de paysages- océan, montagnes, désert, plaines..-et de population). Le Kansas est situé dans la région du Midwest connue pour ses plaines, ses tornades et une atmosphère conservatrice et religieuse.

Maison au Kansas.

Maison au Kansas.

Autre vue de ma maison au Kansas.

Autre vue de ma maison au Kansas.

Mon jardin au Kansas (enfin il s'étend dans un champ).

Mon jardin au Kansas (enfin il s’étend dans un champ).

Je me rappelle être rentrée dans la voiture de ma mère après mon premier jour à mon nouveau lycée, m’être exclamée: « c’était la pire journée de ma vie, personne ne m’a parlé aujourd’hui » et avoir éclaté en sanglots. J’ai fini par me faire des amis en rejoignant l’équipe de cross-country (course à pied) et en m’ouvrant petit à petit à mes. Le processus a pris du temps au début, puis il a fini par s’améliorer avec le temps et à la fin de ma « senior year » (terminale) c’est avec fierté et la tete pleins de bons souvenirs que j’ai gradué.

Course de cross-country. Je suis à l'extreme droite.

Course de cross-country. Je suis à l’extreme droite.

Le jour de ma graduation.

Le jour de ma graduation.

Il y a sept-ans, lorsque ma famille et moi sommes arrivés en Californie ( novembre 2008: j’avais douze ans);  ce pays nous était complètement inconnu, mais au fil des années en nous immergeant petit à petit dans ce nouveau quotidien, les Etats Unis ont fini par devenir familier, une deuxième maison de l’autre coté de l’Atlantique et le 10 juillet 2015, nous sommes tous devenus Américains.


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18 « Premières-Fois » à 18 ans

Dans un peu moins d’un mois (le 6 septembre), je vais avoir dix-neuf ans (plus qu’un an avant la vingtaine 😮 ). Evidemment, je pense à tout ce qui m’est arrivé cette année et je constate que ce fut un an de « premières fois » 🙂 !

18 ans

Parc du Mont-Royal avec des amis pour mes dix-huit ans (7 septembre 2014).

  1. Je suis partie de chez mes parents pour aller vivre à Montréal (enfin plus précisément à Saint-Anne-de-Bellevue).
  2. J’ai complété ma première année d’université.
  3. J’ai survécu à mon premier hiver au Québec.
  4. J’ai gouté à la poutine: frites au fromage fondu et à la sauce brune (miam !).
  5. J’ai dû prendre l’habitude de faire mes propres courses.
  6. J’ai ouvert un compte en banque.
  7. Il a fallu que je cuisine tous les jours pour me nourrir.
  8. J’ai appris à  gérer mes finances.
  9. J’ai pris mes premiers rendez-vous (de médecin, de kiné …) toute seule.
  10. J’ai appris à faire du patin à glace.
  11. Je suis allée dans un bar pour la première fois. Eh oui jusqu’à présent, je vivais aux Etats-Unis où c’est illégal de boire de l’alcool lorsqu’on a moins de 21 ans.
  12. J’ai « escaladé » le Mont-Royal pour la première fois un soir d’octobre avec mes cousins (en visite à Montréal).
  13. J’ai pas mal voyagé par moi-même (bus, métro, taxi, car, avion). Je me suis déplacée dans Montréal. Je suis allée en vacances chez mon oncle (ville de Québec). Et je suis rentrée chez moi à Noel et pour les vacances d’été.
  14. J’ai appris à dépecer un poulet (merci à une amie « cuisinière » 😉 ).
  15. J’ai lavé mes propres vêtements (dimanche = journée lessive(s) 😛 ).
  16. J’ai eu mon permis.
  17. Je me suis faite ma première vraie bande de potes.
  18. Je suis devenue Américaine.


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l’Air Frais de la Montagne

En juillet, je suis allée au Colorado pour des vacances en famille. Plus précisément, nous avons séjourné à « Estes Park », une petite ville touristique près du magnifique Parc National des Rocheuses. Voici quelques photos:

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Lily Lake

« L’odeur des pins et des fleurs sauvages l’accueillit lorsqu’elle sortit enfin de la voiture après un long voyage. Ici, l’air était frais et dénué d’humidité. Autour d’elle s’étendait une foret de sapins et de bouleaux argentés. Un ruisseau transparent glissait le long des pierres polies par l’érosion. Des oiseaux voletaient d’arbre en arbre partageant avec le monde, leur chant mélodieux.

Elle respira cet air frais et sourit. Des montagnes et des glaciers millénaires l’encerclaient et cela la remplissait de joie. Elle avait grandi dans les Alpes et se sentait chez elle en altitude ».

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Trail Ridge Road

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Flattop Mountain

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Flattop Mountain

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Trail Ridge Road

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« Golden-Mantled Ground Squirrel » (écureuil)

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North American Elk

« North American Elk » (élan).

Comme vous pouvez le constater, je suis une amoureuse de la nature et des randonnées (merci à ma famille qui m’a fait connaitre cet univers à un jeune age). Pas pour rien que j’étudie en « science de l’environnement » ;).

J’espère que cela vous a plu ! 🙂


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Anxiété, dépression et autres démons

On a tous des jours où on se sent stressé. Il y a pleins de choses à accomplir et on ne sait plus où en donner de la tête parce que le temps semble filer à toute vitesse. On dort mal la nuit, car on ne fait que penser à ce qu’il reste à faire. On a la tete qui tourne à se rappeler de tout ça. On a les nerfs à fleur de peau. Des subites envie de se rouler en boule, de pleurer et d’attendre que les choses se fassent toutes seules.

C’est normal d’être stressé. C’est meme nécessaire. Si nous n’étions jamais stressés, nous n’accomplirions rien parce qu’il n’y aurais pas de motivation, pas d’urgence, pas d’importance. Nous resterions des journées entières à bronzer sur un transat. D’ailleurs, le stress est un avantage d’évolution. Malheureusement, il y a un revers de la médaille. Le stress peut devenir néfaste si il se manifeste trop souvent et surtout à des moments où il n’est pas requis. C’est là qu’il se met à faire des dégâts.


Il y a pas longtemps, j’ai commencé à aller voir un médecin et un psy pour stress excessif. Enfin, le terme plus exact c’est plutôt « anxiété ». Quand on est stressé on répond à un « danger » précis, quand on est anxieux tout et rien est source de stress et d’angoisse. C’est un peu ma vie depuis un an. Il n’y a pratiquement pas un jour où je me fais du sang pour beaucoup de choses.

J’ai toujours été inquiète, c’est dans ma nature je pense. Et puis je suis un peu perfectionniste sur les bords et je me mets pas mal de pression. Déjà au lycée, je stressais à mort pour mes devoirs, je devais avoir des « As » de partout. Je faisais tout à l’avance pour être sur d’avoir assez temps de tout faire. Je me créais des obligations. Je me sentais facilement submergée. Parfois, tellement que j’avais des crises de larmes.

à propos

Tout ça a éclaté ma première année d’université. Le premier semestre je me sentais très stressée et angoissée, mais je me suis dis que c’était normal parce que j’étais loin de mes parents et que tout était nouveau. Mais le second semestre alors que j’avais maintenant une bonne bande de copains et que j’avais plus ou moins pris mes marques. La sensation n’est pas partie, elle s’est même empirée.

J’avais du mal dans mes classes de maths et de physiques. Dès qu’il était question de faire mes devoirs je me mettais souvent dans un état pas possible. J’avais la tete qui tournait, mal à la poitrine et j’avais la nausée. Le plus je fixais du regard les equations et les problèmes inscrits sur ma fiche de travail, le plus je sentais l’angoisse monter et serrer ma gorge et j’avais du mal à respirer. Et je n’arrivais pas à comprendre ce que je lisais. Et plus je me forçais, moins j’arrivais à me concentrer. 10. 20. 30 minutes étaient passées et j’avais rien écrit, rien compris, rien trouvé. Alors je me mettais à paniquer. Et je courais aux toilettes pour pleurer et essayer de me calmer en m’aspergeant le visage d’eau froide. Ce genre de chose est devenue de plus en plus courant.

Et puis j’ai commencé à faire des insomnies. Déjà fréquemment, je prenais une à deux heures à m’endormir. Ensuite, souvent je me réveillais en plein milieu de la nuit et je n’arrivais pas me rendormir. Assise dans le noir, j’étais assaillie par pleins de pensées négatives amplifiées par la confusion de la nuit. Je revivais tous les évènements de la journée et je mettaient tous les moments négatifs sous la loupe: mes échecs, les choses embarrassantes que j’avais faites, ce que les gens avaient du penser sur moi (que je suis bizarre et stupide bien sur), les choses que je n’avais pas accomplies.

La petite voix tournait en rond dans ma tete. Je m’énumérais toutes les choses qu’il me restait à faire et je m’imaginais ne pas pouvoir les faire. J’aillais rater toutes mes partielles. Avoir une moyenne nulle. Ne pas réussir. Me faire renvoyer de l’université. Ne pas réussir à rentrer dans une autre université parce que ma moyenne était trop nulle. Finir sans emploi et sombrer dans une dépression. Toutes ces pensées entre trois et quatre heures du matin.

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Parfois, je me levais pour aller boire, me promener, écrire ou lire. D’autres fois j’étais incapable de faire quoi que ce soit et je restais roulée en boule à pleurer jusqu’à ce que je m’écroule de fatigue. Le lendemain j’étais un zombie ou alors une vraie boule de nerfs.

Je me suis mise à fréquemment arriver en retard en cours à cause du stress constant et aussi à en louper quelques uns parce que je me sentais juste pas capable de les affronter. J’avais besoin de rester allongée mon lit pour me calmer. C’est en partie à cause de ça que je n’ai pas validé ma classe de maths le second semestre.

De l’anxiété trop courante peut mener à l’épuisement et parfois cet épuisement se traduit par des périodes de dépression. Le corps et l’esprit ont épuisé toutes leurs resources pour combattre le stress . Parfois, je me réveillais vide. Pendant plusieurs jours, je me trainais.

J’avais l’impression que les couleurs étaient plus ternes et que j’avançais au ralenti; que la moindre tâche était épuisante. Je me surprenais à rire à quelque chose de drôle alors qu’au fond j’avais envie de m’allonger par terre et de  pleurer. J’avais du mal à éprouver des émotions autre que la tristesse et la colère ce qui me faisais sentir en décalage par rapport aux autres. Alors, je m’isolais et je me sentais très seule.

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Ces derniers temps, ça va un peu mieux parce que je me suis reposée et je suis allée voir un psy. Il me donne des outils pour prendre conscience des pensés qui me détruisent ainsi que des méthodes pour me calmer quand je sens l’anxiété monter. Ma mère est allée m’amener voir un médecin et après quelques tests, elle a vu que certaines de mes hormones étaient déséquilibrées. Elle a décidé de ne pas me donner d’anxiolytiques, d’anti-dépresseurs, ou d’hormones, mais plutôt de me donner des suppléments qui devraient aider mon corps à se rééquilibrer. Elle préfère pour l’instant ne pas me prescrire de médicaments trop forts parce que ceux-ci peuvent avoir des effets secondaires non désirés.

Si vraiment j’en ai besoin, j’imagine qu’elle me les prescrira. Elle a aussi dit que si dans quelques mois, je me sentais de nouveau très anxieuse et déprimée, elle me fera faire un test pour voir où en sont mes neurotransmetteurs (composés chimiques dans le cerveau qui servent à transmettent des messages de neurone à neurone).  Pour l’instant, il faut que je fasse attention à moi. Que je me couche tôt, que je mange équilibré, que je fasse de l’exercice régulièrement (j’adore le sport alors ça va 🙂 ) et que je prenne tout mes médicaments.

Je suis consciente du fait que certaines personnes sont dans des situations bien plus pires que la mienne. Elles ont à faire à des événements horribles, inimaginables pour moi. Où alors qu’il y a des gens qui souffrent de dépression ou d’anxiété beaucoup plus graves. Qui sont incapables de sortir de leur lit ou qui on fait des tentatives de suicide. Et croyais moi, je culpabilise à mort:  je me dis que je suis faible et lâche et que c’est égoïste de ma part de me sentir mal alors que ma situation et mieux que celle de beaucoup d’autres gens. Mais ça n’aide en rien de raisonner de cette façon, le mal est là alors il faut l’accepter et faire ce qu’on peut faire en son pouvoir pour le guérir. Et ce n’est pas pour autant que je ne prends pas en compte le mal des autres. Et si je peux faire quelque choses pour aider quelqu’un que je connais qui va aussi mal ou encore plus mal que moi, je le ferais.

Maintenant, à chaque fois que je me sentirai glisser de nouveau vers le gouffre, je continuerai à me chuchoter tout bas: « it’s ok, you’re gonna be all right » (« ça va aller , tout va bien se passer »). Et je ne cesserai pas de me fixer du regard à chaque fois que je croise mon image dans un miroir  et de me dire « you can do this, you just gotta breathe and take it one step at a time » (« tu peux le faire, tu dois juste respirer et le prendre étape par étape »). Parce que même si ça ne marche pas toujours, peut être qu’à force de me le répéter, je me mettrais à y croire.