Migratory Life

Anxiété, dépression et autres démons

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On a tous des jours où on se sent stressé. Il y a pleins de choses à accomplir et on ne sait plus où en donner de la tête parce que le temps semble filer à toute vitesse. On dort mal la nuit, car on ne fait que penser à ce qu’il reste à faire. On a la tete qui tourne à se rappeler de tout ça. On a les nerfs à fleur de peau. Des subites envie de se rouler en boule, de pleurer et d’attendre que les choses se fassent toutes seules.

C’est normal d’être stressé. C’est meme nécessaire. Si nous n’étions jamais stressés, nous n’accomplirions rien parce qu’il n’y aurais pas de motivation, pas d’urgence, pas d’importance. Nous resterions des journées entières à bronzer sur un transat. D’ailleurs, le stress est un avantage d’évolution. Malheureusement, il y a un revers de la médaille. Le stress peut devenir néfaste si il se manifeste trop souvent et surtout à des moments où il n’est pas requis. C’est là qu’il se met à faire des dégâts.


Il y a pas longtemps, j’ai commencé à aller voir un médecin et un psy pour stress excessif. Enfin, le terme plus exact c’est plutôt « anxiété ». Quand on est stressé on répond à un « danger » précis, quand on est anxieux tout et rien est source de stress et d’angoisse. C’est un peu ma vie depuis un an. Il n’y a pratiquement pas un jour où je me fais du sang pour beaucoup de choses.

J’ai toujours été inquiète, c’est dans ma nature je pense. Et puis je suis un peu perfectionniste sur les bords et je me mets pas mal de pression. Déjà au lycée, je stressais à mort pour mes devoirs, je devais avoir des « As » de partout. Je faisais tout à l’avance pour être sur d’avoir assez temps de tout faire. Je me créais des obligations. Je me sentais facilement submergée. Parfois, tellement que j’avais des crises de larmes.

à propos

Tout ça a éclaté ma première année d’université. Le premier semestre je me sentais très stressée et angoissée, mais je me suis dis que c’était normal parce que j’étais loin de mes parents et que tout était nouveau. Mais le second semestre alors que j’avais maintenant une bonne bande de copains et que j’avais plus ou moins pris mes marques. La sensation n’est pas partie, elle s’est même empirée.

J’avais du mal dans mes classes de maths et de physiques. Dès qu’il était question de faire mes devoirs je me mettais souvent dans un état pas possible. J’avais la tete qui tournait, mal à la poitrine et j’avais la nausée. Le plus je fixais du regard les equations et les problèmes inscrits sur ma fiche de travail, le plus je sentais l’angoisse monter et serrer ma gorge et j’avais du mal à respirer. Et je n’arrivais pas à comprendre ce que je lisais. Et plus je me forçais, moins j’arrivais à me concentrer. 10. 20. 30 minutes étaient passées et j’avais rien écrit, rien compris, rien trouvé. Alors je me mettais à paniquer. Et je courais aux toilettes pour pleurer et essayer de me calmer en m’aspergeant le visage d’eau froide. Ce genre de chose est devenue de plus en plus courant.

Et puis j’ai commencé à faire des insomnies. Déjà fréquemment, je prenais une à deux heures à m’endormir. Ensuite, souvent je me réveillais en plein milieu de la nuit et je n’arrivais pas me rendormir. Assise dans le noir, j’étais assaillie par pleins de pensées négatives amplifiées par la confusion de la nuit. Je revivais tous les évènements de la journée et je mettaient tous les moments négatifs sous la loupe: mes échecs, les choses embarrassantes que j’avais faites, ce que les gens avaient du penser sur moi (que je suis bizarre et stupide bien sur), les choses que je n’avais pas accomplies.

La petite voix tournait en rond dans ma tete. Je m’énumérais toutes les choses qu’il me restait à faire et je m’imaginais ne pas pouvoir les faire. J’aillais rater toutes mes partielles. Avoir une moyenne nulle. Ne pas réussir. Me faire renvoyer de l’université. Ne pas réussir à rentrer dans une autre université parce que ma moyenne était trop nulle. Finir sans emploi et sombrer dans une dépression. Toutes ces pensées entre trois et quatre heures du matin.

winter 2

Parfois, je me levais pour aller boire, me promener, écrire ou lire. D’autres fois j’étais incapable de faire quoi que ce soit et je restais roulée en boule à pleurer jusqu’à ce que je m’écroule de fatigue. Le lendemain j’étais un zombie ou alors une vraie boule de nerfs.

Je me suis mise à fréquemment arriver en retard en cours à cause du stress constant et aussi à en louper quelques uns parce que je me sentais juste pas capable de les affronter. J’avais besoin de rester allongée mon lit pour me calmer. C’est en partie à cause de ça que je n’ai pas validé ma classe de maths le second semestre.

De l’anxiété trop courante peut mener à l’épuisement et parfois cet épuisement se traduit par des périodes de dépression. Le corps et l’esprit ont épuisé toutes leurs resources pour combattre le stress . Parfois, je me réveillais vide. Pendant plusieurs jours, je me trainais.

J’avais l’impression que les couleurs étaient plus ternes et que j’avançais au ralenti; que la moindre tâche était épuisante. Je me surprenais à rire à quelque chose de drôle alors qu’au fond j’avais envie de m’allonger par terre et de  pleurer. J’avais du mal à éprouver des émotions autre que la tristesse et la colère ce qui me faisais sentir en décalage par rapport aux autres. Alors, je m’isolais et je me sentais très seule.

winter


Ces derniers temps, ça va un peu mieux parce que je me suis reposée et je suis allée voir un psy. Il me donne des outils pour prendre conscience des pensés qui me détruisent ainsi que des méthodes pour me calmer quand je sens l’anxiété monter. Ma mère est allée m’amener voir un médecin et après quelques tests, elle a vu que certaines de mes hormones étaient déséquilibrées. Elle a décidé de ne pas me donner d’anxiolytiques, d’anti-dépresseurs, ou d’hormones, mais plutôt de me donner des suppléments qui devraient aider mon corps à se rééquilibrer. Elle préfère pour l’instant ne pas me prescrire de médicaments trop forts parce que ceux-ci peuvent avoir des effets secondaires non désirés.

Si vraiment j’en ai besoin, j’imagine qu’elle me les prescrira. Elle a aussi dit que si dans quelques mois, je me sentais de nouveau très anxieuse et déprimée, elle me fera faire un test pour voir où en sont mes neurotransmetteurs (composés chimiques dans le cerveau qui servent à transmettent des messages de neurone à neurone).  Pour l’instant, il faut que je fasse attention à moi. Que je me couche tôt, que je mange équilibré, que je fasse de l’exercice régulièrement (j’adore le sport alors ça va 🙂 ) et que je prenne tout mes médicaments.

Je suis consciente du fait que certaines personnes sont dans des situations bien plus pires que la mienne. Elles ont à faire à des événements horribles, inimaginables pour moi. Où alors qu’il y a des gens qui souffrent de dépression ou d’anxiété beaucoup plus graves. Qui sont incapables de sortir de leur lit ou qui on fait des tentatives de suicide. Et croyais moi, je culpabilise à mort:  je me dis que je suis faible et lâche et que c’est égoïste de ma part de me sentir mal alors que ma situation et mieux que celle de beaucoup d’autres gens. Mais ça n’aide en rien de raisonner de cette façon, le mal est là alors il faut l’accepter et faire ce qu’on peut faire en son pouvoir pour le guérir. Et ce n’est pas pour autant que je ne prends pas en compte le mal des autres. Et si je peux faire quelque choses pour aider quelqu’un que je connais qui va aussi mal ou encore plus mal que moi, je le ferais.

Maintenant, à chaque fois que je me sentirai glisser de nouveau vers le gouffre, je continuerai à me chuchoter tout bas: « it’s ok, you’re gonna be all right » (« ça va aller , tout va bien se passer »). Et je ne cesserai pas de me fixer du regard à chaque fois que je croise mon image dans un miroir  et de me dire « you can do this, you just gotta breathe and take it one step at a time » (« tu peux le faire, tu dois juste respirer et le prendre étape par étape »). Parce que même si ça ne marche pas toujours, peut être qu’à force de me le répéter, je me mettrais à y croire.

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2 réflexions sur “Anxiété, dépression et autres démons

  1. Il est très touchant ton article Mathilde. Tu n’as pas à culpabiliser et on vit tous cela d’une façon ou d’une autre à une période de nos vies. L’ajustement à un nouveau monde, la distance, ton perfectionnisme… tu sais déjà mettre des mots et des causes, c’est un gros progrès. Il y a une application géniale qui permet de prendre dix minutes chaque jour pour faire le vide, ça s’appelle Headspace, essaye et vois si ça te plaît ! (celle-ci ou une autre, il y en a plusieurs du même genre) Passe un joli mois d’août en tous cas.

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    • Merci pour ce gentil commentaire :).
      C’est vrai que j’ai fait des progrès ces derniers temps (et en grosse partie grâce à mes amis et à ma famille, ma mère surtout): j’ai pris conscience de choses et je découvre des manières de me sentir mieux.
      J’ai déjà utilisé Headspace et j’ai beaucoup aimé :). Je pense peut être l’acheter.
      Un joli mois d’août à toi aussi :).

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