Migratory Life

Tiraillée entre deux cultures

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Comme vous le savez, je suis née en France, mais j’ai passé mon adolescence aux Etats-Unis. Récemment, je suis devenue américaine. J’ai gardé ma nationalité française, même si techniquement je devrais y avoir renoncé. Au fond de moi, je me sens à la fois française et américaine. Parfois, cela peut me jouer des tours : ces deux identités rentrent en conflit, c’est comme si j’avais deux personnes en moi qui ne sont pas toujours d’accord entre elles. Voici cinq choses auxquelles touts personne multiculturelle doit faire face de temps à autre.

L'immensité des paysages des USA.

L’immensité des paysages des USA.

  1. Lorsqu’on mélange ses deux langues. Je parle couramment anglais et français. Parfois, il m’arrive d’oublier un mot lorsque je suis en train d’avoir une conversation dans une langue ou l’autre. Si je suis dans une situation qui me le permet (avec d’autre personnes bilingues par exemple), je dis ce mot dans l’autre langue. Si ce n’est pas le cas, disons que j’ai l’air un peu stupide. D’autre fois, je fais des anglicismes : « maman arrête d’assumer (de supposer) que… ». Et le pire du pire (selon mes parents), c’est quand je parle avec mes amis de McGill (qui sont tous bilingues) : on passe d’une langue à l’autre plusieurs fois dans la même conversation.
  2. L’accent. Certains américains trouvent que j’ai un tout petit accent français lorsque je parle anglais. De leur côté, certains français disent que je prends petit à petit un accent américain lorsque je parle français. Du coup, je ne sais plus trop quoi penser. Ma théorie est que j’ai un accent (ou une intonation) propre à moi-même ; résultat de mon utilisation des deux langues.
  3. Ne jamais se sentir à 100% chez soi. Lorsque je suis aux Etats-Unis, la France me manque et lorsque je retourne en France un été sur deux, vers la fin de mon séjour, les Etats-Unis commencent à me manquer. Je ne me sens jamais tout à fait à ma place dans un pays où l’autre. Il a toujours quelque chose qui me donne l’impression d’être une étrangère. En France, ma famille surnomment mes sœurs et moi « les américaines » (ce qui est maintenant juste vu qu’on a reçu la nationalité en juillet). Au Etats-Unis, les gens ouvrent grand les yeux lorsque je leur dis que j’ai grandi en France et que je parle français à la maison. Pendant longtemps, j’ai bataillé avec cette impression de ne pas avoir de « chez moi ». Avec le temps, je me rends compte que je n’ai pas besoin d’appartenir entièrement à un seul endroit et que finalement j’ai plusieurs « chez-moi ».
  4. Cette idée d’appartenir à un ou plusieurs endroits est fortement liée à l’identité. Je suis ni juste « française », ni uniquement « américaine ». Je suis franco-américaine. J’ai l’optimisme et l’enthousiasme (parfois excessif et trop idéaliste) des américains. Je m’habille « à l’américaine » : décontractée (t-shirts, shorts et converses). En surface, je me comporte « comme une américaine » : je parle fort, j’utilise beaucoup de « awesome », « oh my god », « what the heck » et je m’excite facilement. Mais au fond de moi, je garde quand même des caractéristiques propres aux français : je sais poser un regard plus critique et réaliste lorsqu’il le faut, je suis un peu moins exubérante que mes ami(e)s américain(e)s et je mets un peu plus de distance entre moi et les autres. Les américains sont du genre à sauter au cou d’une personne pour leur donner un « hug » dès la première rencontre, ce qui peut paraître étrange pour un français, mais normal pour eux. Je suis un peu entre les deux : avenante (« outgoing » comme ils disent ici), mais j’aime garder ma bulle personnelle.
  5. Ne pas savoir quoi répondre à la question « quel pays préfères-tu ? ». Les deux ont une place égale dans mon cœur, mais je les aime de manière différente. La France est le pays de mon enfance. C’est là où vivent mes grands-parents et la plupart des mes oncles, tantes et cousins (quelques uns vivent au Québec et j’ai une tante en Suisse). Mes souvenirs de petite fille appartiennent à la France. C’est souvent avec nostalgie que je pense à la France, parce que c’est là où sont mes racines. Les Etats-Unis est le pays de mon adolescence. C’est là où j’ai forgé une grande partie de qui je suis aujourd’hui. J’ai aussi fait l’expérience de plus de difficultés aux Etats-Unis : deux grands déménagements, la distance, plusieurs changements d’école, et tous les émois qui viennent avec l’adolescence. Mes années de lycée ont eu lieu au Etats-Unis. Aujourd’hui ma vie est plus aux Etats-Unis qu’en France, mais qui sait, un jour peut être, je retournerai vivre là bah.
Les Alpes, montagnes de mon enfance.

Les Alpes, montagnes de mon enfance.

Lorsqu’on appartient à deux cultures, l’on doit constamment jongler entre deux pays, deux langues, deux identités. En chemin, il est facile de perdre de vue qui l’on est surtout si on essaye d’insister plus sur une partie de soi que sur l’autre. Je pense qu’il faut juste accepter ces deux morceaux de soi-même, de se dire que l’on n’est pas complet sans l’un ou l’autre et aussi de se rendre compte que l’on est plus que ses nationalités.

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